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Immigration: un facteur d’influence du marché du logement parmi d’autres



Le sujet de la libre circulation des personnes et du marché du logement est l’un des points forts des Journées du logement de Granges de cette année. Il est ressorti de la journée de séminaire organisée par l’Office fédéral du logement (OFL) que l’évolution des prix sur le marché du logement ne s’explique pas uniquement par la croissance de la population et l’immigration. Un contexte économique favorable, la faiblesse des taux d’intérêt, l’évolution de la démographie et des besoins en matière de logement sont des facteurs d’influence tout aussi importants. Le conseiller fédéral Johann N. Schneider-Ammann a souligné que le Conseil fédéral prend au sérieux les soucis que suscite la libre circulation des personnes au sein de la population. Il a présenté des mesures dans différents domaines, qui visent à prendre en considération les besoins spécifiques des marchés du travail et du logement.

Le chef du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) a insisté sur l’importance de la libre circulation des personnes pour l’avenir de la Suisse. Tout est fait pour s’attaquer aux effets problématiques que cette dernière peut entraîner. Le Conseil fédéral et le Parlement ont renforcé les mesures d’accompagnement sur le marché du travail. La politique en matière de logement de la Confédération permet de maintenir à un niveau élevé les investissements privés et, par conséquent, les activités de construction. En outre, elle mise sur le renforcement du secteur d’utilité publique et le dialogue avec les cantons et les villes afin d’atténuer la pénurie de logements existant dans certaines régions urbaines et périurbaines. Dans le même temps, le conseiller fédéral Schneider-Ammann a affirmé que la grande majorité de la population suisse est très bien logée et que le domaine du logement doit continuer à être régi avant tout par les lois du marché.

Philippe Thalmann, président de la Commission fédérale du logement, a lui aussi thématisé le lien entre les marchés du travail et du logement. Il a fait un parallèle entre l’évolution des salaires réels et des loyers depuis 2007. Il a en outre plaidé pour des mesures susceptibles de détendre le marché dans les régions concernées, de contenir les hausses des loyers et – consécutivement – des salaires, et de renforcer ainsi la compétitivité de la Suisse sur le plan international.

D’autres intervenants ont parlé des facteurs qui conduisent à une évolution différente du marché du logement selon les régions et les segments de marché. Le moniteur annuel «Libre circulation des personnes et marché du logement» révèle entre autres dans quelle mesure, ces dernières années, les ménages suisses ont choisi de passer de la location à la propriété, libérant ainsi des logements au profit des indigènes et des immigrants. Par ailleurs, il n’est pas possible d’établir partout un lien direct entre immigration et évolution des prix. A titre d’exemple, la Suisse du Nord-Ouest et la Suisse orientale ont enregistré la plus forte croissance de ménages étrangers en 2012, sans que cela ait eu un effet marqué sur les loyers.

Corinna Heye, une spécialiste zurichoise du marché du logement, a constaté, dans son appréciation de la demande de logements en fonction de la provenance de la population, que le profil modifié des immigrés a un impact avant tout dans les centres urbains: des ménages bien qualifiés, indigènes ou d’origine étrangère, entrent en concurrence pour des offres de logements attrayantes, ce qui peut susciter de la part des natifs des ressentiments envers les candidats venus de l’étranger.

Markus Gmünder, géographe et économiste bâlois, s’est attaché à analyser les facteurs «faits maison», stimulant la demande de logements. La prospérité croissante est la première cause de l’augmentation de la consommation de surfaces habitables. Le vieillissement démographique et la réduction de la taille des ménages jouent aussi un rôle. Présentant les résultats d’études réalisées en Suisse, en France et en Belgique ainsi que dans la région munichoise, Stéphanie Vincent-Geslin, de l’EPFL, et Alain Thierstein, de l’Université technique de Munich, ont montré de quelle manière les prétentions en matière d’habitat et les ressources disponibles influent sur la recherche d’un logement et la disposition à se déplacer, et quels facteurs sont décisifs pour les flux pendulaires et la mobilité résidentielle.

La journée de séminaire intitulée «La hausse des loyers est-elle due à la libre circulation des personnes?» a eu lieu le 5 novembre dans le cadre des Journées du logement de Granges 2013, qui s’achèveront le 11 novembre. Le programme des diverses manifestations des Journées du logement et les documents relatifs à la journée de séminaire peuvent être consultés à l’adresse www.grenchnerwohntage.ch.

14/11/2013

Tags : OFL

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