Datacenter : une feuille blanche pour une boîte noire



Datacenter : une feuille blanche pour une boîte noire
Tous secteurs et tailles d’entreprise confondus, les datacenters (centres d’hébergement de données) permettent d’ériger une barrière physique contribuant à la mitigation de risques opérationnels tels que l’interruption de production, le vol de fichiers ou encore l’espionnage industriel voire fiscal. En tant qu’objet immobilier, le datacenter est soumis à des contraintes particulières liées à la nature-même de l’activité d’hébergement de données. Partir d’une feuille blanche est bien souvent l’unique moyen de s’en affranchir.

Si la dimension normative liée aux dispositions légales et réglementaires de la construction demeure incontournable, ce sont bien les considérations fonctionnelles du datacenter qui dictent d’une part le lieu d’implantation, et d’autre part la quasi-totalité des choix techniques. Le concept architectural de l’objet découlera naturellement de ces choix, laissant in fine une marge de manœuvre restreinte en termes de considérations « artistiques ». Par là-même, la transformation de bâtiments ou parties de bâtiments en datacenters s’avère au mieux inefficiente, au pire impossible compte tenu de certains critères d’exigence. Partir d’une feuille blanche comporte donc des avantages significatifs.

Tout d’abord, l’opportunité de choisir son lieu d’implantation en fonction des segments de marché visés, de l’absence de risques naturels et industriels, de la garantie d’un approvisionnement électrique en suffisance ou encore des réseaux de télécommunications, est déterminante. En outre, la perspective d’exercer un contrôle propriétaire sur la parcelle choisie et le futur bâtiment s’avère primordiale, ceux-ci pouvant ainsi être exclusivement dédiés à l’activité d’hébergement de données.

D’autre part, il devient possible de concevoir et de construire le datacenter en fonction des exigences, qu’elles se situent au niveau des services d’hébergement-client (modularité des espaces, puissance disponible au m2), des installations techniques ou des futures modalités d’exploitation. Les choix techniques, qu’ils concernent la sécurité physique (accès, feu et eau), le degré de résilience (équipements électriques et de refroidissement) ou encore l’efficience énergétique (isolation, « free cooling », confinements), induisent de facto les réponses architecturales du site : parasismique, statique, positionnement et ségrégation des locaux, gaines techniques, stockage du carburant, etc. A noter que la prépondérance des installations techniques se retrouve également au niveau financier, avec une part d’investissement égale voire supérieure à la partie « bâtiment » pure.

Un datacenter est donc un objet particulier soumis à des contraintes spécifiques. Ces dernières sont à la hauteur des enjeux liés à l’hébergement sécurisé de données sensibles et des défis actuels sur l’approvisionnement et l’efficience énergétiques. L’expérience montre que le carcan constitué d’un bâtiment existant situé dans une zone fréquemment inadéquate empêche l’implémentation de solutions techniques optimales. Partir d’une feuille blanche s’avère donc bien souvent l’unique moyen de répondre durablement à la demande d’un marché dont les exigences croissent tant quantitativement que qualitativement.

Claude Gentile, BrainServe SA

www.brainserve.ch

03/11/2011


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Claude Gentile, BrainServe SA